Comme
chaque année, cette période trouble de fêtes est marquée par l’apparition d’un
étrange personnage. Quand
les derniers rayons du soleil atteignent la plus haute cime du mont Fujiyama,
il apparait enfin. Mais cette fois, son identité a changé. Noël ne sera plus
Noël et Force rouge ne sera plus le Pére Noël. Dans le
plus pur style sentaï (genre télévisuel qui regroupe les Bioman et autres Power
Rangers), c’est finalement Jacques
Attali qui nous est apparu.
A l’heure où la presse s’adapte aux différents leviers digitaux (internet mobile, application, plateforme de blog, contenu vidéo, podcast…) qu’en est il de l’édition ?
Le Kindle d’Amazon est disponible en France et se retrouve en concurrence face à d’autres readers comme celui de Sony. Les tarifs élevés de ces objets les cantonnent à des marchés de niche. Ces devices sont mono utilisation (à des tarifs équivalents, des notebooks tactiles ou non permettent des usages bien plus diversifiés). Les objectifs ne sont pas les mêmes mais le prix reste le frein principal. L’avenir est peut être vers des tablettes internet (MID, PMP, UMPC (pas de lip dub hein ?) … avec des interfaces tactiles susceptibles de plaire au grand public) sur lesquelles pourraient être préinstallées des liens vers ce qui serait l’équivalent de l’appstore du livre.
Au-delà de l’ebook, d’autres initiatives méritent d’être soulignées. Récemment, l’économiste Jacques Attali innove et devient, plus fort que force rouge, force Orange. En s’associant avec la marque au carré est commercialisé l’hyperlivre « Le sens des choses ». Décidément, l’usage du préfixe est dans l’air du temps. De l’hyperconsommation, à l’hyper République (même notre hyper président) en passant par l’hypercommunication, la société de l’hyper a pris forme. Giga, ultra et autres préfixes couramment employés dans les Bioman (super canon, ultra laser…) ont de quoi être jaloux.
Derrière un titre à faire rougir les plus belles parodies pornographiques, le livre contient plus de 80 codes barres 2D renvoyant via le mobile du lecteur à des contenus multimédias. L’expérience se veut donc enrichie et adaptable dans le temps en fonction de l’actualité. La particularité de l’ouvrage tient dans sa capacité d’évolution. A l’intérieur, l’auteur va confronter sa vision de notre époque à celles de personnalités contemporaines comme Simone Veil ou Daniel Cohen.
Autre exemple de cadeau qui aurait pu mériter de porter la dénomination d’hyperlivre : Dokeo de Nathan. Le livre se veut un outil pédagogique à destination des plus jeunes afin de leur expliquer plusieurs inventions (un peu à la manière d’un Michel Chevalet et son fameux « Comment ça marche ? »). Pour cela, la réalité augmentée est utilisée et permet de donner vie aux concepts. L’ensemble est cohérent, innovant, pédagogique et ludique à la fois ; mais surtout en adéquation avec la cible.
L’apport de contenus dématérialisés est un vrai plus produit mais tout le contenu doit-il l’être ? Le livre est aujourd’hui encore un objet particulier dans lequel on pénètre volontiers comme dans un jardin secret, qui plus est dans notre pays où la culture de l’écrit est très prégnante. La portée symbolique et la valeur émotionnelle ne doivent pas être omises ou écartées. L’innovation va alors tenir en l’apport d’une valeur ajoutée sans altérer l’aspect traditionnel.
Voilà de quoi mettre à mal notre satiété technologique… la satiété elle a que des problèmes, la satiété elle a mauvaise haleine …