Après le Figaro, c'est au tour du quotidien Le Monde de dévoiler sa nouvelle formule. Jean-Marie Colombani a fondé la démarche du journal sur le constat suivant : "L'information est en pleine révolution : plus rapide, mais aussi fragmentée, plus confuse, elle s'impose à nous comme jamais dans chacun de nos actes quotidiens. Se déversant en continu, elle nous entraîne vers une culture de l'instantané, de la gratuité et de l'urgence. En même temps, la relation entre chacune et chacun d'entre nous et l'information change : hier, on disait volontiers d'un journal qu'il « contrôlait » ses lecteurs ; désormais, ces mêmes lecteurs ont tout loisir de varier leurs choix, en même temps qu'il leur est possible de prendre eux-mêmes la parole, à travers le développement de l'Internet."
Les nouvelles formules permettront-elles d'enrayer la lente érosion de la diffusion de la presque quotidienne ? Si les premiers résultats du nouveau Monde sont positifs ( +120% de ventes au numéro le 7 novembre par rapport à un lundi moyen), il est difficile de prévoir son effet à moyen terme. Le lancement est soutenu par une campagne de 4 millions d'euros bruts, dont 19% sont investis sur Internet.
De son côté, Libération, qui a perdu 17.5% de sa diffusion payée entre 2001 et 2005, a engagé une nouvelle bataille sur le front digital en décidant de refondre ...son site.(Challenges N°9 - 27/10/2005) Un virage stratégique, que Patrick Sabatier, directeur adjoint de la rédaction justifie en ces termes : "Tout quotidien qui n'accomplit pas cette mutation est condamné dans les dix années qui viennent."