La question s’est posée en presse avec l’arrivée des gratuits, elle s’exporte aujourd’hui sur Internet à l’inverse. Si pour certains, Internet se veut un modèle de liberté et de gratuité, d’autres considèrent que l’abonnement versé aux FAI constitue lui-même un paiement pour accéder au support. Début 2008 marquera sur le net l’éclosion d’un nouveau modèle économique : les sites d’information payants. Deux principales tentatives : l’une provenant de Daniel Schneidermann, présentateur de la défunte émission Arrêt sur images, avec http://arretsurimages.net et l’autre d’Edwy Plenel, ancien directeur de la rédaction du quotidien Le Monde, avec http://www.mediapart.fr/. Ces deux sites proposeront un accès payant via un abonnement annuel avec tarifs préférentiels pour étudiants et chômeurs voir gratuité totale gérée au cas par cas pour Schneidermann. Celui-ci compte sur l’élan de sympathie créé autour de son émission (pétition de plus de 200 000 signatures en faveur du programme lors de sa suppression) pour assurer la viabilité de son projet. Plenel, pour sa part mise sur son nom et sur la qualité de son entourage journalistique pour faire la différence.
Si une crise de confiance existe envers la presse (impartialité) et aujourd’hui de mise en cause des sources sur internet (dès qu’une info apparait, elle est considérée comme vraie), la légitimité des noms et du savoir faire de ces deux journalistes peut apporter une valeur de caution pour l’internaute. Alors, internet comme cocagne de l’indépendance et de l’édito ? Face au foisonnement et à la cannibalisation des données sur le net, l’information de qualité doit elle être payante ? Deux possibilités : soit le site gratuit peut garder son indépendance car il génère une audience suffisante et les revenus publicitaires ne sont plus un problème, soit la publicité est primordiale à l’existence d’un site débutant et pour retrouver son autonomie il devient payant. Pour l’internaute, malgré des exigences plus grandes, il va y avoir une adhésion morale à un projet éditorial. Quel éditeur ne rêverait pas d’être libérer de toute pression publicitaire et de quitter la spirale de l’audience où le nombre de PAP générées devient obsessionnel.