Voilà une nouvelle qui a pu surprendre. Alors qu’il venait de prolonger son contrat de trois ans avec la fondation Mozilla (dont il représente près de 85% des revenus), Google a lancé hier son propre navigateur web Chrome. En partant de zéro, le géant de Mountain View livre là un navigateur au code source libre conçu pour répondre efficacement aux besoins des nouvelles applications du net. L’annonce de ce lancement s’est faite de façon plutôt originale, à savoir une BD aussi pédagogique que les meilleurs épisodes d’Il était une fois… envoyée à un ensemble de bloggeurs.
Google dispose via l’audience de son moteur de recherches d’un formidable levier pour faire connaitre son navigateur. Alors que le marché est dominé par Internet Explorer, déjà installé au préalable sur nos PC et que Firefox continue sa croissance auprès d’une cible plus expérimentée, Google avance ses pions un par un, piliers de sa stratégie de demain.
Mais que vaut réellement ce navigateur ? Il est trop tôt pour le dire car il ne s’agit là que d’une version beta mais elle pose déjà les fondements de ce qui nous attend. Du point de vue de l’ergonomie et de l’interface, le navigateur se veut avant tout simple et épuré (à la manière de son moteur de recherches). La navigation s’effectue par onglets qui intègrent chacun une barre d’adresse/de recherche appelée Omnibox. La principale innovation provient du fait que chaque onglet est indépendant. Ainsi, si une application échoue, ce n’est plus tout le navigateur qui doit être relancé mais simplement l’onglet qui se ferme. A la manière d’un OS (Opérating System : Windows pour Microsoft, Unix pour Linux ou encore OS X pour Apple), le navigateur propose un gestionnaire de tâches. Pour l’instant, il s’est montré très rapide et performant avec du Javascript. Quelques bémols tout de même : une utilisation gourmande de la mémoire, une non gestion des flux RSS et des problèmes avec les fichiers XML.
Les extensions et les applications ne devraient pas tarder à arriver. L’ensemble des applications Google prennent alors sens. On peut supposer une disparition progressive des logiciels installés sur ordinateur pour aller vers des applications on line. Chrome se positionne sur ce créneau en étant vraisemblablement optimisé pour cela. Avec Google Gears, l’utilisateur aura accès en off line à des services qui fonctionnent normalement en ligne. Plus qu’un explorateur internet, cela deviendrait alors un véritable système d’exploitation au sein duquel le navigateur deviendrait le bureau de l’ordinateur. On fait une recherche sur Google, on gère sa publicité en ligne via Adsense, ses mails sur Gmails, ses documents sur Google Docs, son navigateur avec Chrome…pourquoi ne pas imaginer le logo de Google suivant le démarrage de son ordinateur. Une nouvelle ère sans Microsoft ? Cela semble encore difficile. Mais sur mobile, pourquoi pas ? Cela permettrait une continuité d’expérience quelque soit le terminal utilisé. D’autres acquisitions de Google vont dans ce sens. Et ce n’est pas Android qui viendrait nous contredire…
C'est un bon navigateur je trouve, mais flash est très instable... en tout cas sur mon ordinateur.
Merci pour ce bon article :)
Rédigé par: pierre | 17 septembre 2008 à 16:51
"Opérating System : Windows pour Microsoft, Unix pour Linux ou encore OS X pour Apple"
Non non non...
Il y a une norme qui s'appelle POSIX.
UNIX a été sa première implémentation, et après moultes péripéties, les universitaires ont nommé leurs projets BSD, UNIX devenant un conglommérat commercial regroupant IBM avec AIX, Sun avec Solaris, HP avec HP-UX, SGI avec IRIX, etc.
Linux dérive de MINIX, et n'est qu'un noyeau, inexploitable en l'état pour un quidam, redistribué par des sociétés commerciales : RedHAT, Mandrake, Mandriva, etc.
Google a déjà développé son propre OS depuis fort longtemps, en débauchant un des gourous de Novell : tous les serveurs Google tournent sur un OS ultra-performant créé par eux, et ça ne leur coûterait pas grand chose de mettre un pied dans le monde des OS orientés utilisateurs...
Gwen
Rédigé par: Gwen | 05 octobre 2008 à 17:58