Avec internet, les annonceurs apprennent petit à petit à ne plus être les seuls maîtres de leur communication. L’époque où l’information était délivrée à un public passif est aujourd’hui révolue. Les internautes, non contents de s’approprier l’information, la crée, la diffuse eux même et n’attendent plus le contenu d’une entreprise pour en faire leur sujet. Le chemin linéaire de propagation de l’information se déforme et fléchit sous un nombre croissant d’intervenants complexes, autonomes, critiques et créateurs. Sur les autoroutes de l’information, internet présente la particularité d’une circulation à double sens.
Toutefois, restait encore un pan de la communication qui était relativement épargné par ce genre de comportements et qu’une entreprise était la seule à maîtriser : sa communication financière. Jusqu’à présent tout du moins. Imaginez… Vous êtes le PDG d’une grande compagnie. Comme tous les jours vous regardez le cours de l’action de votre société. Puis, vent de panique générale. Elle vient de perdre un tiers de sa valeur en 13 minutes. Pire encore, 10 minutes plus tard, l’action a baissé de 75% au total. Les autorités boursières suspendent alors la cotation du titre pendant une heure… C’est ce qu’a connu la société aérienne United Airlines.
Une information vieille de six ans, mais re-datée du jour même (8 septembre 2008) a été republiée par le site South Florida Sun Sentine, du groupe Tribune. Celle-ci a été reprise par l’agence financière Bloomberg. L’effet boule de neige a ensuite fait le reste sans jamais que l’information ne soit vérifiée.. Le fait est que, malgré les nouveaux communiqués d’United Airlines et la reprise du cours de l’action à la hausse, une information faussement datée a suffi à ébranler l’action de 10%. Les différents protagonistes se rejettent maintenant la faute. Le groupe Tribune pointe Google du doigt et son « incapacité du système automatisé, Googlebot, de faire la différence entre les informations nouvelles et les articles consultés fréquemment sur les sites internet des journaux ». Google interrogé par l'AFP affirme que « si l'article avait été clairement daté, rien de tel ne serait arrivé ». Chacun a sa part de responsabilité dans cette succession d’erreurs. Qui plus est, Bloomberg avait déjà fait parler d’elle la semaine dernière en annonçant le décès du charismatique patron d’Apple, Steve Jobs, en diffusant les 17 pages de nécrologie. Après la fausse annonce de TF1 sur la disparition d’une personne, internet ne semble pas non plus à l’abri de tels traitements. Jusqu’à présent, la principale force d’internet était sa capacité à abolir les contraintes spatio temporelles en rendant l’information disponible à tout moment et en tout lieu. Désormais, il devient plus que nécessaire qu’internet apporte des réponses aux questions liées à la provenance des sources, de la structuration et de la validité des informations mises à disposition afin que le média gagne en maturité et en crédibilité. Il convient donc maintenant de penser culture de l’information, au-delà de sa simple diffusion.