Autres sites, autres modèles. En Angleterre, une fois le seuil de production atteint, le site Slicethepie, laisse les artistes dépenser leur argent, ceux-ci ayant pour seul impératif de sortir leur album dans l’année. Le site se veut moins un producteur qu’un intermédiaire.
Grooveshark au départ basé sur le peer to peer rémunéré (la plateforme permettait ainsi de télécharger un titre pour dix uploadés), est devenu un site d’écoute de musique en ligne.
Producemylive applique le même principe que Mymajaorcompany et permet de financer un concert, de confronter les artistes à leurs fans dès que le seuil de financement est franchi.
CreateSpace d’Amazon peut être un outil d’aide au développement de ces sites communautaires. C’est un système d’autoproduction en alternative des circuits classiques. Amazon sert de caution à la qualité des supports et permet un pressage à la demande de chaque commande.
Ces sites posent le problème d’un éventuel modèle économique viable. Chaque système engage des frais propres. Sellaband consacre par exemple une grande partie de son budget à l’envoi de CD aux investisseurs. Le second frein serait ensuite la désaffection et la désillusion suite à la production d’un artiste. Pour minimiser ce risque, faut-il faire « payer » directement au départ du projet ou attendre d’atteindre un seuil au risque de voir des investisseurs annuler ? De même que dans notre crise financière, y a-t-il un effet spéculatif, voire un effet d’annonce ? Les ventes réelles suivront elles ? On peut supposer que les artistes qui marcheront le mieux seront les artistes les plus consensuels. Ainsi, il n’y aurait pas l’expertise musicale venant de label un peu « fou », bref de vrai pari. Peut-être faut-il se diriger vers ces sites communautaires mais chacun sur un marché de niche ou thématique musical.
Dernier site enfin, amiestreet est certainement celui dont le principe est le plus original. Sans aucun mécanisme de protection, les morceaux sont proposés au départ en téléchargement gratuit. Leur prix croit ensuite en fonction de la popularité de la chanson, permettant ainsi une grille de tarifs dynamique évoluant en fonction de la popularité. Le site se veut à la fois réseau social, prescripteur et vendeur. Chaque recommandation est valorisée proportionnellement à la valeur du titre. Certains labels britanniques ont franchi le pas et le site devient alors un véritable outil marketing.
Dans une industrie en crise, les modèles économiques diffèrent et évoluent. Les modèles traditionnels de distribution ne doivent pas pour autant être oubliés mais doivent tenir compte de ces nouvelles plateformes communautaires afin de coller au mieux aux attentes des consommateurs. Les majors pourraient elles-mêmes créer ce type de site tout en y apportant leur expertise et aller plus loin dans la découverte et la promotion de nouveaux artistes que l’initiative lancée par Universal à travers ce site qui ne propose qu’une simple candidature en ligne.
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