Ce n’est pas nouveau, l’industrie du disque et de la musique est en crise. Les majors ne sont pas au mieux et insistent sans vergogne pour le passage en force de la loi Création et Internet qui mettra un frein au «monstrueux» phénomène du peer to peer. « Les internautes sont comme de gentilles grenouilles coassant autour de la mare : magie du many to many, de la communication horizontale. Les marques, elles, ne savent communiquer que verticalement - comme hier, en one to many : bref, c’est un peu comme lancer un pavé dans la mare en s’étonnant que les grenouilles en soient parties ! » (François Laurent, Marketing 2.0).
Les maisons de disques s’intéressent aux succès d’anonymes sur les plateformes de partage (cf succès de Yelle). Le nombre de visiteurs sur le MySpace d’un groupe devient un indice annonçant un éventuel contrat.
Pour aller plus loin, de nouveaux modèles économiques fleurissent sur la toile et tentent de s’adapter aux nouveaux usages de partage et de contribution. Radiohead et Nine Inch Nails ont déjà tenté quelques opérations spéciales à « contre courant ». De véritables labels communautaires se sont également constitués. Les internautes s’introduisent désormais dans la chaîne de création de valeur. Si les expériences proposées aux internautes sont similaires (participation, contribution financière…), ces labels issus de la netéconomie se différencient par leurs modèles économiques.
Il y a trois ans, Maria Schneider devenait la première artiste à obtenir un Grammy Awards alors que son album n’était disponible que sur internet (et plus récemment cette année pour Meilleure Composition Instrumentale en 2008). L’artiste est produite par Artistshare. Modèle particulièrement unique, le site permet, en échange de différents degrés de souscription, d’avoir accès aux morceaux, aux interviews, photos inédites, dédicaces, paroles de chanson, vidéos, jusqu’à l’accès à une session d’enregistrement live en studio ou encore les partitions originales.
Plus proche de nous, Sellaband, start-up germano-hollandaise, propose aux internautes d’investir leur argent sur un artiste. Si celui-ci dépasse les 50 000$ de donations, il sera alors produit et son album vendu (le groupe SolidTube sur Amazon ou Thomas Boissy sur virginméga). Les internautes récupèrent ensuite un pourcentage sur les ventes. Pour l’instant, 14 artistes ont déjà franchi le cap de la production. Spidart, son pendant français, et Yakamusic sont encore trop jeunes pour dresser un véritable bilan.
Reposant sur un principe similaire, Mymajorcompany compte désormais 7 artistes produits (donation minimum de 70 k€). Récemment, l’album de Grégoire, un artiste du site, a réussi à pénétrer le circuit des détaillants en leur distribuant plus de 75 000 albums. A confirmer à la vente, mais les avis des consommateurs sont déjà très positifs.
Pour des versions petit budget, NoMajorMusik propose un seuil de financement beaucoup moins élevé (3 000 €) mais pour un titre seulement, en téléchargement sur le site ou sur la plateforme itunes. Cela permet une prolifération d’artistes plus importante. A l’artiste ensuite de susciter l’intérêt pour plusieurs de ses compositions.
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