Invention ou innovation ?
Depuis l’époque où l’on imaginait les années 2000 avec des voitures volantes, nous n’avons cessé de nous projeter au travers non pas d’univers virtuels mais plutôt de réalités altérées, mixant réalité et virtuel (il suffit de revoir Retour vers le Futur II pour s’en convaincre).
Sur nos écrans, les exemples de techniques visant à reproduire une perception du relief se sont multipliés. Toutefois, si l’invention technologique va dans ce sens, peu de produits atteignent finalement le grand public. Une innovation est une invention qui a des portées économiques et sociales amples, une réussite d’un point de vue économique et commercial. Bref, une invention est une innovation qui marche. La stéréoscopie (le fait de combiner deux images) en est un exemple d’échec (tout du moins pour l’instant). Sharp commercialisait déjà en 2005 ses premiers LCD avec le succès qu’on leur connait. Ces écrans stéréoscopiques ont tout de même eu un succès d’estime auprès de la communauté des gamers (plus sur PC que sur console où les plus nostalgiques se rappelleront du Virtual Boy et ses fameux maux de tête) où quelques cartes graphiques étaient optimisés pour ces écrans. Les tarifs, aujourd’hui beaucoup plus bas, font que les principaux constructeurs ressortent ces projets (consortium de grands industriels, Sony parlant d’une image 3D exclusive PS3 etc...). Des portables stéréoscopiques sont même déjà apparus au Japon. Certainement le futur de nos écrans…
Beaucoup plus proche de nous, le Super Bowl nous a permis de ressortir ces vielles lunettes en carton, rouge et verte, absolument design, tout droit issues d’un paquet de Kellog’s. Il s’agit en réalité de lunettes anaglyphiques (image faîte pour être vue en relief, à l’aide de deux filtres de couleurs différentes). Pour l’évènement, Dreamworks (après Monsters vs Aliens le studio a annoncé qu’il produirait tous ses films en vue stéréoscopiques) s’est associé avec Pepsi (sa boisson SoBe Lifewater) pour distribuer plus de 12 millions de lunettes aux USA afin de regarder leurs spots 3D diffusés lors de l’évènement. Mais qu’en était-il de leurs sites web ? L’internaute peut y visionner les spots en 3D mais l’expérience n’est pas prolongée davantage. Pourquoi ne pas avoir rendu accessible les sites en deux versions, l’une classique et une autre pour les possesseurs de lunettes ? Il existe pourtant quelques sites utilisant cette technologie : swell3d ou encore barcinski-jeanjean et ses expérimentations. Ces effets sont rendus beaucoup plus accessibles depuis les nouveautés apportées Photoshop CS4 et Flash CS4.
Plus qu’un simple concept graphique, l’utilisation de l’anaglyphe serait pour l’internaute une expérience beaucoup plus forte et optimiserait donc son implication avec l’annonceur. L’usage systématique de lunettes en restreint toutefois son utilisation. A réserver aux opérations évènementielles.
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