Cette semaine, nous ne parlerons pas d’Hadopi. Dans le cadre du Paquet Telecom, eurodéputés et diplomates se sont entendus sur une formulation visant à protéger les droits fondamentaux. Plus clairement, la décision d’un tribunal serait nécessaire à la coupure d’internet. D’un point de vue économique, en aout 2009, la commission Européenne avait publié un rapport sur la compétitivité digitale. Cette étude met en avant le fait que la plupart des internautes ne sont pas prêts à payer pour du contenus, même s’il n’y avait plus aucun moyen de se procurer ce contenu gratuitement. Plus généralement, le téléchargement illégal ne serait pas la cause de la crise économique que traversent les éditeurs de contenu. Quid d’un modèle viable sur le long terme ? Pour aller en ce sens, Ipsos MediaCT avait mené une étude fin septembre 2009 dans 12 pays sur 6 521 individus. Non seulement les pirates n’achèteraient pas s’ils n’avaient plus la possibilité de télécharger illégalement, mais en plus il semblerait que ces même pirates soient au contraire une cible marketing à privilégier et qu’ils achèteraient davantage de musique que la moyenne des internautes. Tout récemment, le principal site du projet Hadopi s’est illustré puisque le nom de domaine n’a pas été renouvelé, tombant ainsi dans les mains des opposants Hadopi. L’url avait déjà marqué les esprits puisque, suite à des déclarations fracassantes, le site s’était rapidement trouvé piraté.
Avec le Paquet Telecom
apparait en filigrane la question de la neutralité du net. Sous couvert des
lois, l’un des principes fondateurs du
web doit-il sauter, de façon à devenir un Minitel 2.0, une fenêtre d’exposition
contrôlée et payante ? Derrière de grands principes moraux et éthiques
louables, le filtrage pourrait prendre forme, incluant également ses dérives. En
Australie par exemple, seuls 32%
des sites filtrés étaient en réalité des contenus pédopornographiques. Récemment,
Google, Mozilla, Twitter, eBay, Skype ou encore LinkedIn ont signé une lettre
commune demandant à la FCC (l’équivalent américain de l’ARCEP) de veiller au
respect du principe de neutralité. L’Etat Américain a d’ailleurs débloqué une
enveloppe de 7,2 milliards de dollars afin d’aider les FAI dans le déploiement
du haut débit à condition que ceux-ci s’engagent dans le sens de la neutralité
des réseaux (au contraire de Comcast qui avait filtré les torrents).
L’ACTA (russe ??? ) est également réapparue. Cet Accord de Commerce Anti Contrefaçon, réalisé initialement par les Etats Unis, la communauté Européenne, la Suisse et le Japon, creusent de multiples pistes (ici leur dernier rapport) avec les principaux acteurs du web et les Etats. A quoi faut-il s’attendre ? Réponse en janvier prochain à Mexico où se tiendra le prochain round de négociations. Faut il réellement placer des radars sur les autoroutes de la communication ? Comme le dit si bien un commentaire du site pcinpact, I l'ACTA to move it move it, I l'ACTA to move it move it, I l'ACTA to Move it !!!
Cette semaine, nous ne parlerons pas non plus des vidéos qui font l’actualité. Un fournisseur d’accès internet suédois reprend les vidéos les plus célèbres du net et les remet en scène de façon « singulière » au travers des 2 icones de la marque Judit & Judit. A découvrir.
Toujours dans la catégorie culture youtube, Weezer (groupe de rock qui avait déjà marqué les esprits avec Pork and Beans, plus de 20 millions de vues) revient avec un nouvel album Radtitude. A cette occasion, le groupe, non content de diffuser une infomerciale plutôt drôle parodiant les émissions de télé achat et notamment un produit très prisé aux USA, une snuggie (sorte de plaide corporelle assez étrange), met également l’objet directement en vente sur son site. Cette couverture se veut très populaire outre atlantique où elle s’est déjà écoulé à plus de 4 millions d’exemplaires et rendu culte par plusieurs publicités.
Autre groupe, découvert sur ecrans.fr, le groupe Pomplemoose (oui oui comme pamplemousse) et sa chaîne youtube (myspace et twitter). Des reprises vues des millions de fois pour un jeune groupe qui existe principalement par les réseaux sociaux. Jack Conte (le musicien du duo) n’en n’est pas à son coup d’essai. Il s’était déjà fait connaître en 2008 avec son clip Yeah Yeah Yeah.
Pour finir, nous ne parlerons évidemment pas de Twitter. 14ème site mondial du dernier classement Alexa, le réseau de micro blogging commence à rentrer dans toutes les sphères de notre vie quotidienne. Coté sportif, après l’ATP, la NFL, c’est maintenant au tour de la NBA d’intervenir sur l’utilisation de Twitter par ses joueurs. En effet, ceux-ci ne doivent plus communiquer via les réseaux sociaux sur une période de 45 minutes avant et après un match. Fini donc les commentaires en fin de match des principaux acteurs (Shaquille O’Neal dispose de plus de 2 millions de followers). Tout aussi proche de nous, les sites d’information demandent à leurs journalistes plus de recul quant à leur utilisation de Twitter ; de la même manière que lorsqu’ils écrivent un article traditionnel.
De façon plus générale, les propos postés sur un compte Twitter relèvent-ils de la vie privée ou sont-ils des messages relayés par une personnalité-marque ? Récemment, l’outil est même rentré dans le débat au sénat, le ministre Christian Estrosi s’étant fait interpeller pour ses propos tenus … sur Twitter. Attention à ne pas se faire repérer par des scénaristes, votre compte pourrait devenir une série TV. Justin Halpern, un américain de 29 ans, retourne vivre chez ses parents. Forcément, il s’y sent aussi à l’aise que Woody Allen jouant dans Rambo. Il a par contre la bonne idée de poster les réflexions et autres axiomes de son cher papa. 700 000 followers plus tard, ce sont les créateurs de la série Will & Grace qui se disent intéressés par le Tweet. Autre signe que le site s’inscrit complètement dans l’eire (et oui, tout chauvinisme à part, il fallait bien au moins une allusion au match de samedi) du temps, la série FlashForward, véritable blockbuster de la rentrée sur ABC (à voir même si l’intensité retombe dès le 3ème épisode), fait rentrer Twitter dans quelques dialogues. Pas Facebook, pas MySpace, pas Second Life (pas de sourire narquois, d’après Linden Lab, même s'il n'est plus à la mode, c'est 250 000 biens virtuels crées par jour et 1250 messages texte envoyés par seconde) mais bel et bien Twitter.
Bref, il n’y
a pas de quoi vermifuger un abribus, mais suffisamment pour ne pas en parler.






